Friday 18 August 2017

The Lewis Conection by The Lewis Connection

L’avis de Funkidole

C’est chez un petit disquaire de Nantes spécialisé dans la musique noire que j’ai déniché ce bijoux. Ne voyant rien de bien fantasmagorique dans les bacs dédiés aux Funk je demande au vendeur s’il n’a pas du MPLS sound ou un disque de Prince un peu fun. Il m’a alors sorti le « The Lewis Conection » de sa réserve. Ça vient de Minneapolis, Prince est crédité sur un morceau, je ne pouvais pas être déçue. Le marchand de vinyle me fait alors écouter deux, trois titres. Conquise dès la première écoute (même très hâtive) je l’embarque sous le bras.

Effectivement ce disque était tout sauf une déception. Le premier morceau : Get Up est extrêmement groovy. Les arrangements ne sont pas révolutionnaires, mais qu’importe. Le rythme se ressent directement, et en plus d’assurer rythmiquement, la mélodie est très efficace. Le lead vocal assuré par Barabra Bolar est démentiel. C’est surement le meilleur titre de la face A. (Même si pas de Sonny T. ou de Prince à l’horizon). Ce qui est intéressant avec ce titre c’est qu’il sonne vraiment comme la transition entre les années 70 et 80.

Le deuxième titre de la face A est Higher. C’est un titre sympa. Cette fois ci l’harmonique est plus intéressante que la partie vocale. Les cuivres entrent en scènes, ils soutiennent surtout la mélodie. La basse quant à elle ramène toujours ce petit côté Funky. Si je devais rapprocher ce titre d’un autre groupe, je dirais Sly and the Family stone (surtout l’album Fresh) un Funk pas vraiment salace, pas tellement festif, un funk finalement un peu soul. Au clavier, certains effet rappellent ce que Prince utilisera plus tard dans ces premiers  albums. Peut être s’est il un peu inspiré de l’époque ou il jouait avec ses amis. (Tellement d’innocence et de candeur dans ce propos.)

Le dernier titre de la face A : Feel good to ya, s’inscrit finalement dans la continuité du début de ce disque. À la fois très rythmique avec la basse qui se démène comme elle peut (la basse sur l’ensemble de la face A est joué par André Lewis, je précise pour les gens qui penserait que c’est Sonny T.) et les Choeurs et le lead vocal qui vient habiller tout ça de façon très minimaliste.

Conclusion pour cette petite face A: Allez surtout écouter Get Up , Higher et également indispensable, et si tu oublies Feel Good To Ya  tout va bien aller, tu n’as pas raté ta vie.

C’est en retournant ton disque que tu vas avoir une crise cardiaque. Got To be Something Here est une ballade soul écrite par Sonny T. (ha enfin!). C’est LE fameux titre où Prince est crédité. Je vais être honnête avec vous, C’était prince mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre. Cette fois ci la basse s’efface pour laisser plus de place à la voix. Le lead vocal du type falsetto (on peut la aussi faire des liens avec les futurs ballades que Prince écrira) amène une certaine sensualité imperceptible sur le reste de l’album. Mais ce qui apporte le coté sophistiqué de cette ballade c’est la clavier couplé avec le Piano, l’effet est démentiel!

L’avant dernier titres est seulement instrumental. Toujours la même recette: Cuivres et claviers mélodiques, basse groovy, et des airs efficaces. Un bon morceaux à l’image de l’album.

Mr. G est également un titre instrumental cette fois ci aux influence jazz permettant au clavier de davantage s’exprimer. Vers la fin du titre Mr G redevient plus funky avec encore un petit air qui rentre dans la tete et une basse encore et toujours mis subtilement en avant.

Le seul petit défaut de l’album et que sur certains passages il y a une légère tendance à dégringoler un peu vers la cacophonie. Mais sinon très bon album d’un petit groupe méconnu! À avoir dans sa discothèque!

Vie et carrière de the Lewis Connection

L’album éponyme est le seul disque qu’ai sorti The Lewis Connection. Pierre et André Lewis, deux frères, sont à l’origine du projet. Le petit groupe issu des « twin cities » (Minneapolis et Saint-Paul) ne manque pourtant pas de membres talentueux. Prince est crédité à la guitare et aux choeurs sur le titre Got To Be Something Here (par besoin de pépettes pour partir, lui et sa démo, à NY). Ce titre est écrit par Sonny Thomson, le futur bassiste du groupe NPG (ou New Power Generation) qui accompagnera Prince pendant plus de 10 ans. Sonny T. assure sur plusieurs titre les parties vocales mais aussi la basse sur le titre Got To Be Something Here.

En 1978 l’album The Lewis Conection est enregistré dans plusieurs studios de Minneapolis. Le groupe trouve les fonds nécessaire à cet enregistrement grâce à l’assurance de leur voiture qui a rendu l’âme. Mais ils n’ont pourtant pas réuni une somme d’argent assez conséquente pour obtenir le nombre de lettre nécessaire à l’impression de leur nom au complet. L’album s’intitule donc « the lewis conection » (avec un seul « n » au lieu de deux.)

Le groupe se revendique influencé par Earth Wind and Fire et Parliament.

L’album sort en 1979 est n’est tiré qu’à seulement 200 exemplaires. Il est alors seulement distribué aux alentours de Minneapolis.

Une réédition en CD et en vinyle datant de 2013 permet désormais de l’acquérir à des prix beaucoup plus raisonnable (Plus de 400$ pour une édition de 1979).

Deux artistes associés

Prince

Sans grande surprise je pense, je vais vous parler de Prince. Promis j’essaie de ne pas le mettre à toutes les sauces, mais là c’était indispensable. Prince et ses débuts donc! Quand il en était encore à son groupe Campagne créé avec ses petits copains musicos. À l’époque où sa musique n’avait pas encore créer le MPLS sound. Sa participation ici est minime. Cependant je pense que c’est en travaillant avec des petits groupes des Twin Cities, qu’il a emmagasiner des connaissances, des sonorités. J’ai quand même du mal à imaginer Prince en position de simple musicien et pas en Leader de groupe. Lorsqu’on voit d’où il est parti et jusqu’où il est monté, on sait qu’on a affaire à un talent immense.

Sonny T. 

Là aussi pas de surprise. Je parle des deux grands noms de ce disque. Même si Sonny T. n’est pas à proprement dit un « grand nom » car il n’est pas très connu. Prince savait s’entourer des meilleurs musiciens. Pour plusieurs raisons: 1) il faut être à la hauteur de la perfection musicale des compositions de Prince. 2) Le rythme de travail n’était pas vraiment le même qu’au club med. Un membre du NPG donc, un excellent bassiste assurément. Peut être que s’ils n’avaient pas participé tout les deux au même albums l’histoire de Sonny T. n’aurait pas été la même.

petit live filmé au Bunker’s petit club de MPLS: et on peut voir que sonny T. assure grave:

Quelques chiffres pour les mathématiciens

0: titre entré dans les charts

1978 : date de sortie de l’album

1: réédition

1: participation d’un génie musical

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