Friday 20 October 2017

Maison Rozoff by Juan Rozoff : Zoom sur le Prince Français

Maison Rozoff

La première fois que j’ai entendu parler de Juan Rozoff remonte au mois de janvier. J’assistais au concert Let’s go back together au New morning.   Il a vraiment commencé à m’intriguer après sa prestation au festival jazz a vienne.

Mais qui est cet homme qu’on appelle le « Prince Francais ». Je me suis penchée sur son dernier album (2009) Maison Rozoff. 

Vie et Carrière de Juan Rozoff

Rozoff polaroid

Juan Rozoff est un auteur, compositeur, multi-instrumentiste, fraco-russo-espagnol (oui rien que ça). Il commence sa carrière en 1990 avec l’album Jam Session. Fonky Fonky il se fait vite repérer et est même comparé à la légende du funk Prince. Et puisque nous parlons de légende du funk, je n’oublierai pas de souligner ses nombreuses collaborations à nous en faire pâlir. Entre autre Bootsy Collins (bassiste de Funkadelic/parliament) , Maceo Parker (saxophoniste de James Brown et Prince) et Fred Wesley. Il ouvre également les concerts de James Brown, Larry Graham, George Clinton, The Temptations et de Maceo Parker. Alors l’eau à la bouche ?

On pleurera par contre sa collaboration avec Le King du mauvais gout David Guetta… Pourquoi Juan? Pourquoi avoir dit adieu à tout jamais à la perfection?

Le principale point qui l’éloigne de Prince est qu’il met dix ans au lieu de dix mois pour pondre un album. Mais ça en vaut la chandelle car ce sont des petits bijoux a déguster sans modération. Aujourd’hui je te propose d’ouvrir avec moi l’écrin de Maison Rozoff.

L’avis de Funkidole

L’album s’ouvre sur le titre You. Un morceau très funky pour nous mettre directement dans le bain. Je me rends directement compte qu’il y a de fortes ressemblances avec les sonorités de Prince. Je glisserais bien ce titre dans l’album MPLSound.  L’alternance entre le parlé et le chanté, les petits gimmicks vocaux. Tout rappelle le Kid de MPLS.

On enchaine avec  on veut tout. Si  Juan Rozoff se révèle être un  un très bon musicien, je ne suis pas convaincue par ses paroles. Mais oublions le texte. Juan est ici plus RnB que Funk, mais sans être complètement conquise je dois admettre qu’il s’écoute quand même bien.

Sea Star est par contre bien plus intéressant, un peu plus soul, et flirtant du côté de Maxwell. Un mélange de français et d’anglais qui donne aussi du charme à ce titre.   Car ce n’est pas parce qu’on chante en français qu’on est obligatoirement obligé de faire de la variété. A éviter si tu ne veux pas l’avoir pour le restant de la journée dans la tête. « I wanna drive U my little sea … »

Bien que très entrainant la cible pêche de nouveau par ses paroles. Mais une guitare super funky et un instru plus complexe que ce qu’il n’y parait à la première écoute sauve l’ensemble. Des tas de petites notes, d’instruments cachés dans les recoins. C’est aussi ça que j’aime chez Rozoff, en fonction de si l’on écoute avec un casque ou sur une enceinte on y découvre toujours quelque chose (je le fais remarquer pour ce titre mais c’est le cas pour la quasi totalité de l’album.)

J’ai envie de te.. est LE morceau que j’adore. S’il est difficile de faire groover le français, Rozoff excelle en la matière dans ce titre très funk à la basse slappée  (mon dieu j’adore le slap). Mais ce que j’aime par dessus tout, au delà du rythme dément, c’est la texture. Extrêmement complexe à décrire. Ça pourrait peut être s’expliquer par un geste flou de la main. Mais je dirais que si on pouvait écouter des basses sous l’eau ça ressemblerait possiblement à ça.

The Mac nous plonge dans de bonnes influences reggae. Parce que moi le Reggae, bah j’aime pas ça! Mais The Mac j’aime beaucoup je l’ai chanté tout l’été sur la plage.

Maintenant c’est l’heure de parler du Chef d’Oeuvre Intoxicated. Et je pèse mes mots. L’album aurait du s’appeler comme ça! S’il n’y a qu’un seul titre a écouter c’est celui ci. C’est la perfection incarnée. Si on m’avait dit « c’est une reprise de Prince » je t’aurais carrément cru. C’est tellement génial que ça me donne envie de pleurer. Non vraiment : va l’écouter tout de suite pour te prouver que j’en fais pas des caisses pour rien.

Moins d’engouement pour le titre Insoluble. Meme si j’adore ces sonorités RnB qui me rappellent les titres qui passaient sur MTV quand j’étais haute comme trois pommes.

No limits me fait encore penser à l’album MPLSound sorti 8 mois plus tôt. Coïncidence ? Je ne pense pas. Un mélange entre rock électro et funk qu’on ne se lasse pas d’écouter.

Promis se rapproche de la chanson française. Ce n’est pas désagréable mais ça n’a pas grand chose a voir avec le mouton.

Revenons donc à nos moutons avec le titre Papa, du RnB bien écrit qui fait parfois penser aux albums de Jamiroquai (les plus électro).

Reste est une très jolie balade soul. C’est très perturbant d’écouter de la soul en français chantée par un blanc. On pourrait avoir envie de critiquer mais finalement c’est quand même pas mal.

L’album se termine sur le titre Ghost. Une très belle balade soul que j’inclurais bien dans une comédie musicale française (une bonne je précise. Ça existe ?).

Pour conclure, ce qu’il faut retenir de Maison Rozoff est un album sophistiqué où on découvre à chaque écoute de nouveaux détails. Cette manière de faire du funk  qui m’a fait aimer Prince me fait dormais aimer Juan Rozoff. Néanmoins, et même si l’exercice est sans doute difficile, je trouve que les paroles ne sont pas toujours à la hauteur.

Congratulation Juan! Tu mérites ton titre de Prince français.

Je vais de ce pas découvrir Jam session et Abalorladakor, et qui sait peut être écrire un article sur un prochain concert.

Deux artistes associés

Prince : il faudrait être neuneu pour ne pas l’avoir compris avant, mais Rozoff a bien rapport avec Prince : cf tout l’article que tu viens de lire.

Bootsy collins : Parce eque, les gens qui collaborent se ressemblent un peu (ceci n’est pas le cas pour David Guetta). Boosty, le roi des sonorités funky et psyché a sûrement influencé le petit Juan dans son art.

Quelques chiffres pour les mathématiciens

3 : albums

30 ans (bientôt) : de carrière

1 : collaboration foireuse

6 : légende avec qui il a travaillé

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